Reconnaître
Le Renard roux est un canidé de taille moyenne, un peu plus petit qu’un chien moyen. Son pelage va du roux jaune pâle au brun-roux foncé sur le dos. La gorge et le ventre sont blancs ou plus clairs.
- Corps (sans la queue) : de 45,5 à 90 cm selon Animal Diversity Web. Une fiche de Bruxelles Environnement donne une moyenne de 60 à 75 cm.
- Queue : de 30 à 55,5 cm (Animal Diversity Web), environ 40 cm en moyenne (Bruxelles Environnement). Grande et touffue, elle représente environ un tiers de la longueur totale.
- Poids : de 3 à 14 kg selon Animal Diversity Web ; Environnement Canada indique 3,6 à 6,8 kg et Bruxelles Environnement une moyenne de 5 à 7 kg. Le mâle est un peu plus grand et plus lourd que la femelle.
Signes distinctifs : le bas des pattes est le plus souvent noir, le bout de la queue est généralement blanc (parfois noir) et les oreilles sont pointues, parfois noires à l’arrière.
Variations de pelage : tous les renards roux ne sont pas roux ! Il existe une forme « croisée », plus sombre, avec une croix foncée sur les épaules, et une forme « argentée », noire avec des poils à pointe blanche. En Amérique du Nord, environ 25 % des individus seraient croisés et 10 % argentés (Animal Diversity Web).
Ne pas confondre : la queue très touffue à bout souvent blanc et les « chaussettes » noires aident à le distinguer d’un chien. Dans la neige ou la boue, son empreinte reste petite (voir « Observer avec respect »).
Classification
- Ordre : Carnivores (Carnivora)
- Famille : Canidés (Canidae), comme le loup et le chien
- Genre : Vulpes (les renards « vrais »)
- Espèce : Vulpes vulpes, décrite par Linné en 1758, d’après des renards de Suède.
L’ouvrage de référence Mammal Species of the World (3e édition, 2005) reconnaît 45 sous-espèces. Leur nombre exact fait encore débat chez les scientifiques.
Habitat
Le Renard roux est très adaptable. Il vit en forêt, dans la toundra, les prairies, les déserts, les montagnes, les terres agricoles et au bord des cours d’eau.
On le trouve du niveau de la mer jusqu’à 4 500 m d’altitude dans le monde. En France métropolitaine, il est présent du littoral jusqu’à environ 2 500 m.
En ville aussi : il s’installe dans les banlieues et les centres urbains. À Bruxelles, par exemple, il est arrivé de lui-même depuis la campagne au début des années 1980 et a été observé sur 82 % du territoire régional entre 2001 et 2017. En ville, il fouille souvent les poubelles et les composts.
Répartition
C’est le canidé qui a la plus vaste répartition au monde (Animal Diversity Web). Son aire naturelle couvre une grande partie de l’hémisphère Nord : Europe, Asie, Afrique du Nord et Amérique du Nord, du cercle arctique jusqu’à l’Amérique centrale.
Introductions : l’homme l’a introduit en Australie et aux îles Malouines. En Australie, il a été lâché volontairement en 1855 pour la chasse de loisir. Des populations sauvages se sont installées au début des années 1870. En moins de 100 ans, il a colonisé la majeure partie du pays (sauf le nord tropical). Il y a fortement contribué au déclin d’oiseaux nichant au sol, de petits et moyens mammifères comme le grand bilby, et de reptiles.
En France : il est présent dans toute la France métropolitaine, où il figure sur la Liste rouge nationale.
Alimentation
Le renard est omnivore et opportuniste. Il mange surtout des rongeurs (campagnols, souris), des lapins, des insectes et des fruits. Il complète avec des oiseaux, des œufs, des baies, des cadavres d’animaux et, en ville, des déchets. Il peut aussi s’attaquer aux poules mal protégées.
Un renard mange entre 0,5 et 1 kg de nourriture par jour.
Le « mulotage » : pour attraper un rongeur caché dans l’herbe ou sous la neige, le renard s’immobilise, écoute, puis fait un grand bond et plaque sa proie au sol avec ses pattes avant. Son ouïe est si fine qu’il entend des rongeurs bouger sous terre.
Les caches : quand il a trop de nourriture, il l’enterre pour plus tard. Il est très doué pour retrouver ses cachettes.
Mode de vie et comportement
Le renard est surtout actif la nuit, à l’aube et au crépuscule. Il est discret et plutôt craintif.
Territoire : son domaine vital mesure de 5 à 12 km² dans un bon habitat, et de 20 à 50 km² dans un milieu pauvre (Animal Diversity Web). Environnement Canada indique 4 à 8 km² pour un domaine familial. En ville, les territoires sont beaucoup plus petits.
Vie sociale : il ne vit pas en meute. Un territoire abrite en général un mâle et une ou deux femelles adultes avec leurs petits. Une femelle accueille parfois ses sœurs ou ses filles, qui peuvent aider à élever les jeunes.
Communication : le renard utilise au moins 28 sons différents (aboiements, glapissements…), et chaque individu a une voix reconnaissable. Il marque aussi son territoire avec son urine, ses crottes et des glandes odorantes (sous la queue, autour de la bouche, sous les pattes).
Le terrier : il réutilise souvent un terrier de lapin, de marmotte ou de blaireau, et le même terrier peut servir pendant des générations. L’entrée mesure de 25 à 35 cm de diamètre et les galeries peuvent dépasser 15 m de long.
Il est rapide : il peut atteindre environ 48 km/h et franchir des obstacles de 2 m de haut.
Reproduction et cycle de vie
- Rut : une fois par an, en hiver. En Europe, les accouplements ont lieu en hiver et au début du printemps ; les femelles peuvent alors hurler la nuit. La période varie selon la latitude (de décembre à avril).
- Gestation : en général 51 à 53 jours (de 49 à 56 jours selon les cas).
- Portée : de 1 à 13 renardeaux, 5 en moyenne (Animal Diversity Web). Environnement Canada indique 1 à 10 petits (moyenne de 5) ; la fiche du gouvernement australien donne une moyenne de 4.
- Naissance : au printemps, dans le terrier. Les renardeaux pèsent de 50 à 150 g et naissent aveugles. Ils ouvrent les yeux vers 9 à 14 jours.
- Élevage : ils sortent du terrier vers 4 à 5 semaines et sont sevrés vers 8 à 10 semaines. Le mâle apporte souvent de la nourriture à la femelle. La famille reste ensemble jusqu’à l’automne, puis les jeunes partent. Ils peuvent parcourir jusqu’à 250 km (Environnement Canada), voire 400 km (Animal Diversity Web).
- Maturité : vers 10 mois, soit dès l’hiver suivant leur naissance.
- Longévité : courte en nature. Bruxelles Environnement donne une espérance de vie moyenne de 1,5 à 2 ans en ville ; Animal Diversity Web cite une moyenne d’environ 3 ans. En captivité, un renard peut vivre 10 à 12 ans.
Rôle dans l'écosystème
Régulateur de rongeurs : en mangeant beaucoup de campagnols, de souris et de lapins, le renard aide à limiter leurs populations.
Jardinier discret : en mangeant des fruits, il transporte des graines. En Flandre (Belgique), une étude a analysé 303 crottes de renard : 57 % contenaient des graines, de 77 plantes différentes, surtout des ronces (mûres).
Nettoyeur : il consomme des cadavres d’animaux.
Proie : les renardeaux peuvent être chassés par de grands rapaces ; les adultes ont peu de prédateurs naturels. Le principal « prédateur » du renard reste l’homme (chasse, piégeage, circulation routière).
Statut et protection
Dans le monde : l’espèce est classée « Préoccupation mineure » (LC) sur la Liste rouge de l’UICN. Ses populations sont globalement stables.
En France : elle est aussi classée LC sur la Liste rouge des mammifères de France métropolitaine (UICN France, MNHN, SFEPM, ONCFS, 2017).
Statut juridique en France : le renard n’est pas une espèce protégée. Il est chassable. Il peut aussi être classé ESOD (« espèce susceptible d’occasionner des dégâts », l’ancien terme « nuisible ») département par département, par un arrêté ministériel valable trois ans.
- L’arrêté du 3 août 2023 le classait ESOD jusqu’au 30 juin 2026.
- Un nouvel arrêté daté du 10 août 2026 renouvelle la liste pour 2026-2029. Le renard y figure, mais seulement dans certains départements listés en annexe.
- Là où il est classé ESOD, il peut notamment être piégé toute l’année et détruit à tir sur autorisation du préfet. Les règles exactes dépendent du département : consultez le texte sur Légifrance ou votre préfecture.
Une menace méconnue : les poisons utilisés contre les campagnols (anticoagulants comme la bromadiolone) ont tué de nombreux renards et rapaces, par exemple dans le Doubs dans les années 1990 et 2000.
Sources : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 23
Santé et cohabitation
La rage : arrivée en France en 1968, la rage du renard a été éliminée grâce à la vaccination des renards par des appâts. Le dernier cas chez un renard a été diagnostiqué en 1998, en Moselle. La France est officiellement indemne de rage terrestre depuis le 30 avril 2001. Attention : la rage des chauves-souris existe toujours.
L’échinococcose alvéolaire : c’est une maladie rare mais grave, due à un petit ver (Echinococcus multilocularis) dont le renard est le principal hôte. Ses œufs se trouvent dans les crottes. L’humain peut se contaminer en avalant ces œufs (fruits, légumes, mains sales). En France, la plupart des cas concernent la Bourgogne-Franche-Comté, le Grand Est et l’Auvergne-Rhône-Alpes, et le parasite a été détecté chez le renard dans 36 départements du nord-est et au-delà. Les bons gestes recommandés :
- Bien laver, ou mieux, cuire les baies, champignons et légumes poussant près du sol et les fruits tombés à terre.
- La congélation à -20 °C ne suffit pas à tuer les œufs.
- Se laver les mains après avoir jardiné ou touché la terre.
- Vermifuger régulièrement chiens et chats, surtout s’ils chassent des rongeurs.
- Ne jamais toucher les crottes de renard à mains nues.
La gale sarcoptique : causée par un acarien, elle fait perdre ses poils au renard et le fait beaucoup se gratter. Le renard peut la transmettre au chien. Chez l’humain, elle ne provoque qu’une démangeaison passagère (« pseudo-gale »). Évitez tout contact avec un animal malade.
Bien cohabiter : le renard n’est pas agressif et n’attaque pas spontanément. Pour éviter les soucis : ne le nourrissez pas, fermez bien poubelles et composts, protégez poules et lapins dans un enclos solide, et ne laissez pas de nourriture pour animaux dehors.
Sources : 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15
Observer avec respect
Conseils :
- Observez de loin, à l’aube ou au crépuscule, avec des jumelles, sans approcher ni appâter.
- Ne caressez jamais un renard et ne le nourrissez pas : il deviendrait dépendant de l’homme.
- Ne touchez pas un renard mort. Pour un renard blessé ou un renardeau seul, contactez un centre de soins pour la faune sauvage au lieu d’intervenir vous-même.
- Ne dérangez pas un terrier, surtout au printemps quand il y a des petits.
Indices de présence :
- Empreintes : environ 5 à 6,3 cm de long sur 3,4 à 5,4 cm de large (SHNA-OFAB) ; un autre guide indique environ 5 x 4 cm (BFC Nature).
- Crottes : cylindriques, effilées à un bout, souvent remplies de poils, plumes, os, baies ou noyaux. Le renard les dépose bien en vue (souche, pierre, borne, lisière) pour marquer son territoire. Ne les touchez pas !
- Odeur : il marque son territoire avec son urine et des glandes odorantes ; ces marques au parfum fort trahissent son passage.
- Terrier : entrée de 25 à 35 cm, parfois partagée avec un blaireau.
- Autres : restes de repas, poubelles éventrées, bois de cerf grignotés, cris la nuit en hiver.
Le saviez-vous ?
- Une boussole dans la tête ? Une étude tchèque (2011) sur 84 renards a montré que, dans les hautes herbes ou la neige, les renards bondissent surtout vers le nord-nord-est : 72,5 % des attaques réussies étaient orientées vers le nord. Les chercheurs pensent qu’ils utilisent le champ magnétique terrestre pour viser.
- 28 sons différents : le renard possède un vrai « vocabulaire » de cris, et chaque individu a une voix qui lui est propre.
- La Moselle dans l’histoire : le dernier renard enragé de France a été détecté en Moselle en 1998.
- Un grand voyageur : en quittant leur famille à l’automne, certains jeunes parcourent jusqu’à 400 km.
- Pas forcément roux : il existe des renards roux presque noirs, dits « argentés ».


